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Défis sociétaux adressés par le laboratoire

A travers ces questions de recherche, le laboratoire SENS entend répondre à trois défis sociétaux principaux, à savoir (a) le défi « promotion de la santé et du bien-être », (b) le défi « lutte contre les inégalités », et (c) le défi « transition écologique ». Par ailleurs, certains travaux du laboratoire visent également à relever un quatrième défi, conçu comme un levier au service des trois précédents : (d) le défi « numérique au service de la promotion de la santé, de la lutte contre les inégalités et de la transition écologique ». Ce dernier constitue un vecteur stratégique permettant de renforcer et d’optimiser les réponses apportées aux enjeux sociétaux identifiés.

Défi « Promotion de la santé et du bien-être »

Le défi sociétal de la promotion de la santé et du bien-être est un enjeu central à la fois pour les politiques locales (défi socio-économique : Santé, bien-être et technologie de l’UGA), nationales (La santé mentale, Grande cause nationale en 2025 ; Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles, 2025) et européennes (Plan stratégique d'Horizon Europe pour la période 2025-2027). Afin de répondre à ce défi, l’OMS (2024) souligne que l’activité physique (AP) régulière procure des bienfaits importants pour la santé physique et mentale. Chez l’adulte, l’activité physique contribue à la prévention et à la prise en charge de maladies non transmissibles telles que les maladies cardiovasculaires, le cancer et le diabète, réduit les symptômes de dépression et d’anxiété, et peut accroître le bien-être général. Chez l’enfant et l’adolescent, l’activité physique améliore la santé osseuse, favorise une croissance et un développement musculaire sains et améliore le développement moteur et cognitif (OMS, 2024). 

Toutefois, malgré une accumulation de données scientifiques sur les bénéfices d’une activité régulière et modérée, l’inactivité physique continue de progresser à travers le monde. Une étude récente (Strain et al., 2024) a révélé que près d’un tiers (31 %) de la population adulte mondiale, soit 1,8 milliard d’adultes, sont inactifs physiquement, c’est-à-dire qu’ils ne respectent pas les recommandations préconisant au moins 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine. Il s’agit d’une augmentation de 5 points de pourcentage entre 2010 et 2022. Si cette tendance se poursuit, la part d’adultes qui ne respectent pas les niveaux recommandés d’activité physique devrait atteindre 35 % d’ici à 2030.

Les statistiques françaises n’échappent pas à cette tendance : 27.1% des hommes et 40.7% des femmes âgés de 18 à 85 ans n’atteignent pas les recommandations de l’OMS en matière d’AP pour la santé (Verdot et al., 2024). Le constat est tout aussi voire plus inquiétant chez les plus jeunes, avec 37 % des 6-10 ans et 73 % des 11-17 ans qui n’atteignent pas les standards d’activité physique recommandés par l’OMS de 60 minutes d’activité d’intensité modérée à soutenue chaque jour (Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles, 2024). Nos modes de vie deviennent de plus en plus sédentaires, du fait du recours aux transports motorisés et de l’utilisation accrue des écrans dans le cadre du travail, de l’éducation et des loisirs. En ce sens, 8 adultes sur 10 déclarent un temps d'écran de loisirs supérieur à 3 heures par jour et plus de 20 % passent plus de 7 heures assis par jour, parallèlement 8 enfants sur 10 passent 2 heures et plus par jour devant un écran (Verdot et al., 2024). Les données factuelles montrent qu’une plus forte sédentarité entraîne des effets négatifs sur le plan de la santé : chez les enfants et les adolescents, augmentation de l’adiposité, détérioration de la santé cardiométabolique et de la forme physique, dégradation du comportement et notamment du comportement prosocial, réduction du temps de sommeil ; et chez les adultes, augmentation de la mortalité toutes causes confondues, par maladie cardiovasculaire et par cancer, et hausse de l’incidence des maladies cardiovasculaires, du cancer et du diabète de type 2 (OMS, 2024). Cette insuffisance d’AP, combinée à l’augmentation du temps passé en position assise ou allongée (comportements sédentaires), a un impact délétère sur la santé publique : hausse du risque d’hypertension, de maladies cardiovasculaires, de cancers localisés, de diabète de type 2 et d’obésité (Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles, 2025). De plus, les projections économiques sont tout aussi alarmantes : on estime que, faute de mesures adéquates, l’inactivité physique pourrait coûter 300 milliards de dollars à l’échelle internationale d’ici 2030 (OMS, 2024).


En parallèle de ce constat, il convient de souligner que la pratique d’une activité physique ou sportive peut également comporter des risques pour la santé physique et mentale lorsqu’elle est inadaptée ou insuffisamment encadrée. Ainsi, les accidents traumatiques (traumatismes aigus ou accidentels) constituent le principal risque. Les autres risques pour la santé physique sont cardiovasculaires, d’addiction et de troubles hormonaux souvent liés au surentraînement (Rostan et Lemonnier, 2020). La pratique sportive peut aussi avoir des effets négatifs sur la santé mentale. En effet, les sportifs de haut niveau déclarent des symptômes de santé mentale à des taux équivalents ou supérieurs à ceux de la population générale, avec des niveaux variant en fonction de la symptomatologie spécifique (dépression, troubles de l’alimentation, abus de substances), du type de sport (sport individuel vs sport d’équipe) et du sexe (Gwyther et al., 2024).

De ce fait, le laboratoire SENS se positionne pour relever le défi de la « promotion de la santé et du bien-être » en intégrant des approches pluridisciplinaires (en histoire, en management, en psychologie, en santé publique et en socio-économie). L’objectif est de réaliser des recherches capables d’identifier les déterminants de (a) la pratique d’activités physiques et / ou sportives, et/ou des comportements sédentaires d’une part, et (b) la santé et le bien-être d’autre part, tout en proposant des interventions adaptées à différents publics (enfants, adolescents, adultes, seniors). Le laboratoire SENS ambitionne ainsi de contribuer aux grands axes de recherche nationaux et européens, notamment en s’inscrivant dans les priorités stratégiques de l’UGA, dans le plan d’action 2025-27 de l’ANR et dans le plan stratégique 2025-2027 d’Horizon Europe.

Défi « Lutte contre les inégalités »

Le défi sociétal de la lutte contre les inégalités est un enjeu central à la fois pour les politiques locales (engagement de l’UGA dans l’égalité et la lutte contre les discriminations), nationales (Plan d’action 2025 de l’ANR) et européennes (Plan stratégique d'Horizon Europe pour la période 2025-2027). Afin de répondre à ce défi, la pratique d’activités physiques et/ou sportives est à même de lutter contre les inégalités en favorisant l’inclusion sociale. En effet, le sport est reconnu en tant que facteur d’inclusion sociale et les pratiques sportives sont des supports essentiels de la vie sociale, sources d’engagement et d’épanouissement personnel. Elles peuvent donc constituer des supports éducatifs à part entière (Projet Sport et Inclusion). En France, le Code du sport (L. 100-1) identifie « les activités physiques et sportives comme un élément important de l’éducation, de la culture, de l’intégration et de la vie sociale ». Cet objectif s’inscrit dans les orientations des politiques des ministères sociaux qui sont mises en œuvre dans les territoires. 

Toutefois, la pratique d’une activité physique varie significativement en fonction du sexe, de l’âge, du statut socio-économique ou de l’état de santé, révélant des disparités importantes. En effet, chez les enfants et les adolescents, les filles ont des niveaux d’activités physiques plus faibles que les garçons (Aubert et al., 2021). Les femmes sont également moins actives que les hommes de 5 points de pourcentage en moyenne sans évolution favorable depuis 2000 (OMS, 2024), et ces différences sont exacerbées en milieu social défavorisé (Chalabaev et al., 2022 ; Saoudi, 2024). L’âge est également un facteur déterminant, avec une tendance au déclin de l’activité physique à mesure que l’on vieillit. Ce phénomène est particulièrement marqué chez les femmes âgées, qui sont souvent moins actives que leurs homologues masculins (INSEE, 2022

Cependant, la pratique sportive, bien qu’elle puisse favoriser l’inclusion, peut également exacerber les inégalités, notamment celles concernant les hommes et les femmes en matière de santé mentale. En effet, des études montrent que les troubles du comportement alimentaire sont nettement plus fréquents chez les femmes sportives (11 % à 41 %) que chez les hommes (0 % à 14 %), et que les taux de dépression et d’anxiété sont également plus élevés chez les femmes athlètes, atteignant jusqu'à 40 % contre 14 % chez les hommes pour la dépression, et 28 % contre 8 % pour l’anxiété (Gwyther et al., 2024).

Face à ces constats, le laboratoire SENS se positionne pour relever le défi de « la lutte contre les inégalités », en intégrant des approches pluridisciplinaires (en histoire, en management, en psychologie, en santé publique et en socio-économie). L’objectif est de réaliser des recherches capables d’identifier les déterminants des inégalités dans (a) la pratique d’activités physiques et / ou sportives, et/ou des comportements sédentaires d’une part, et (b) la santé et le bien-être d’autre part, tout en proposant des interventions destinées à lutter contre celles-ci. Le laboratoire SENS ambitionne ainsi de contribuer aux grands axes de recherche nationaux et européens, notamment en s’inscrivant dans les priorités stratégiques de l’UGA, dans le plan d’action 2025-27 de l’ANR et dans le plan stratégique 2025-2027 d’Horizon Europe.

Défi « Transition écologique »

Le défi sociétal de la transition écologique est un enjeu central à la fois pour les politiques locales (engagement de l’UGA dans la transition écologiqueAgglomération Grenoble Alpes), nationales (Plan d’action 2025 de l’ANR) et européennes (Plan stratégique d'Horizon Europe pour la période 2025-2027). Afin de répondre à ce défi, la mobilité active apparaît comme un levier essentiel. En effet, selon le 2e volet du 6e rapport du GIEC (2023), pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, il est nécessaire d’accompagner les individus dans des changements de comportements de mobilité. De plus, la mobilité active conduirait à améliorer la santé physique, ainsi que la santé mentale, le bien-être et les relations sociales (Scrivano et al., 2023). 

Toutefois, seule 9% de la population française utilise des mobilités actives pour se rendre au travail (INSEE, 2024), alors que près de 40% des trajets quotidiens font moins de 3 kilomètres et 60% des trajets domicile-travail de moins de 5km sont faits en voiture individuelle (ADEME, 2023).

Le développement de la mobilité active n’est pas homogène sur le territoire. Les zones rurales et périurbaines restent souvent dépendantes de la voiture individuelle, faute d’infrastructures adaptées (pistes cyclables, trottoirs sécurisés). Par ailleurs, les personnes les plus vulnérables (personnes âgées, publics en situation de handicap, foyers à faible revenu) rencontrent parfois des difficultés supplémentaires pour accéder à des solutions de mobilité douce (Karner et al., 2023). 

Face à ces constats, le laboratoire SENS se positionne pour relever le défi de « la transition écologique », en intégrant des approches pluridisciplinaires (en histoire, en management, en psychologie, en santé publique et en socio-économie). L’objectif est de réaliser des recherches capables d’identifier (a) les déterminants des mobilités actives et (b) les conséquences de celles-ci sur la santé et le bien-être, afin de (c) proposer des interventions destinées à promouvoir et accompagner ces changements de mobilité, la santé et le bien-être. Le laboratoire SENS ambitionne ainsi de contribuer aux grands axes de recherche nationaux et européens, notamment en s’inscrivant dans les priorités stratégiques de l’UGA, dans le plan d’action 2025-27 de l’ANR et dans le plan stratégique 2025-2027 d’Horizon Europe.

Défi « Numérique au service de la santé et du bien-être, de la lutte contre les inégalités et de la transition écologique »

La révolution numérique est désormais placée au cœur des stratégies de développement et d’innovation, que ce soit au niveau local, national ou européen. L’UGA souligne la nécessité de mettre la transformation numérique au service des êtres humains et de la société, en adoptant une approche centrée sur l’utilisateur et déployée à toutes les échelles (de l’individu à la société). Elle met notamment l’accent sur l’intégration des nouvelles méthodologies numériques dans les sciences humaines et sociales. Le développement et l’adoption de ces technologies clés s’inscrivent ainsi au cœur des politiques publiques, pour améliorer la personnalisation des soins de santé, renforcer la prévention, et accélérer la transition écologique (Plan stratégique d'Horizon Europe pour la période 2025-2027).

L’utilisation du numérique pourrait alors avoir des bénéfices sur la personnalisation et le suivi en temps réel, et l’amélioration de l’engagement des participants (Yeung et al., 2023).

Bien que les technologies numériques offrent un potentiel considérable pour améliorer l’accessibilité et l’efficacité des soins de santé, leur déploiement doit être abordé avec prudence afin de garantir une approche inclusive et équitable. En effet, ces solutions peuvent accentuer les inégalités existantes si elles ne tiennent pas compte de la diversité des besoins des populations, en particulier des groupes marginalisés, plus susceptibles d’être exclus du numérique. Pour relever ce défi, il est essentiel d’évaluer les inégalités numériques, de surveiller les résultats et de veiller à ce que la transformation digitale s’aligne sur les priorités de santé publique. En mettant l’accent sur l’adaptabilité et l’inclusion, les chercheurs peuvent exploiter les avantages du numérique tout en évitant d’aggraver les disparités en matière de santé (Badr et al., 2024). Par ailleurs, le développement de ces technologies numériques doit aussi s’assurer d’une utilisation sobre et la plus durable possible pour s’ancrer pleinement dans le défi de la transition écologique.

Face à ces constats, le laboratoire SENS se positionne pour relever le défi du « numérique au service de la santé et du bien-être, de la lutte contre les inégalités et de la transition écologique », en intégrant des approches pluridisciplinaires (en histoire, en management, en psychologie, en santé publique et en socio-économie). L’objectif est d’utiliser des outils numériques frugaux (applications mobiles, site internet) afin de monitorer (a) les déterminants de l’engagement dans des activités physiques et/ou sportives, et/ou des comportements sédentaires, et (b) les conséquences de celui-ci sur la santé et le bien-être, tout en proposant des interventions destinées à promouvoir la pratique d’activités physiques et/ou sportives, et/ou des pauses dans la sédentarité, la santé et le bien-être. Le laboratoire SENS ambitionne ainsi de contribuer aux grands axes de recherche nationaux et européens, notamment en s’inscrivant dans les priorités stratégiques de l’UGA et dans le plan stratégique 2025-2027 d’Horizon Europe.

Publié le 22 juin 2026

Mis à jour le 22 juin 2026